Fernando Aínsa est un écrivain et critique littéraire uruguayen d’origine espagnole. Né à Palma de Mallorca 24 de juillet 1937, en pleine Guerre d’Espagne, ses parents sont aussitôt contraints à l’exil vers l’Amérique latine. C’est en Uruguay qu’ils trouvent refuge et à Montevideo que Fernando Aínsa grandit. Il y vécut jusqu’à ce qu’à ce qu’un nouveau conflit, les « guerres sales » du Plan Cóndor, le pousse au départ. En effet, alors même qu’il se trouvait à Paris en réunion de travail à l’Unesco, le coup d’état militaire du 27-06-1973 a lieu. L’institution l’invite aussitôt à rester à Paris et à intégrer le département des Editions littéraires dont il deviendra le directeur. Fernando Aínsa restera à Paris jusqu’à la fin de la dictature franquiste en Espagne, pays où il retournera vivre partageant désormais son temps entre Zaragoza en Espagne, Montevideo et Paris.

A Montevideo, il a d'abord fait des études de droit à l’Universidad de la República avant de débuter dans le monde de l'écriture comme journaliste dans El día et Acción. Il entre en écriture dans les années 60 avec des récits fictionnels comme El testigo, La orilla (1964) ou Con cierto asombro (1968). En 1970, il publie un essai important qui marque le point de départ de son parcours de critique littéraire: Las trampas de Onetti.

Installé à Paris à partir de 1974, il  travaille pour l’Unesco d’abord comme fonctionnaire international, puis comme coordinateur du Correo de l’Unesco et, finalement, comme directeur littéraire des éditions UNESCO. Ce travail affirme et étend ses intérêts pour la culture latino-américaine: ses actions révèleront alors son esprit humaniste et son rôle comme médiateur entre l’Europe et l’Amérique, comme diffuseur de la littérature hispanique. À côté de ces fonctions administratives, il développe sa facette de critique littéraire, écrivain et poète à travers une œuvre qui réfléchit sur des thèmes comme l’identité et la littérature latino-américaine, l’utopie, le roman historique et fictionnel, l’exil, et plus récemment, sur l’espace et la mémoire.

Reconnu dans le monde entier pour son travail intense de critique et de médiateur, c'est à ce titre qu'il est devenu Docteur honoris causa de l’Université de Poitiers en 2018, université à laquelle il a légué ses archives en 2016.

Fernando Aínsa est décédé le 06 juin 2019 à Zaragoza, dans son pays de naissance.